Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés...

Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 16:00

Pirates

(1986)

  Pirates.jpg

 

 


Attention, nostalgie en vue !

On ne présente plus Roman Polanski, réalisateur de films devenus des classiques (et d'oeuvres plus mineures, voire très oubliables, reconnaissons-le), et homme à polémiques (mais ce blog n'est en aucun cas le lieu). Si tous les cinéphiles connaissent les piliers de sa filmographie ("Rosemary's baby", "Le bal des vampires" ou, plus récemment "Le pianiste" et  "The ghost writer"), peu nombreux sont ceux qui se rappellent de "Pirates", hommage aux films de pirates qu'il réalisa au coeur des années 80, avec un budget pharaonique pour l'époque. Pensez donc : pour les besoins du film, il fallut construire le bateau au centre de l'histoire, navire qui fut cédé peu après à la ville de Cannes, pour le quarantième anniversaire du Festival du film.

pirates1.jpg

C'est dire les moyens mis à la disposition de Polanski pour réaliser ce film, bien avant la ressurection du genre avec la série des "Pirates des Caraïbes". A l'époque, les effets spéciaux n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, d'où (par exemple) la construction "en dur" du fameux vaisseau. Malheureusement, le succès du film ne fut pas à la hauteur de son budget. Roman Polanski dut passer par la case "théâtre" retourner à des films moins ambitieux, après cette incursion dans le "grand spectacle".

Alors "Pirates" est-il un véritable ratage ? Ou un simple rendez-vous manqué avec le public ? 

Il faut bien reconnaître que ce film aurait mérité mieux, si vous voulez mon avis. Mené par une distribution fort honorable (le vétéran Walter Matthau en tête, mais aussi Cris Campion, jeune espoir de l'époque qui n'eut pas la carrière qu'on eut pu espérer pour lui), dans des décors hauts en couleur et mis en scène avec une réalisation sans faille, "Pirates" n'a finalement que peu de défauts, malgré un tournage cauchemardesque qui poussa Polanski à le renier. 

Carrément.

S'il est quelque chose à reprocher à "Pirates", c'est sans doute son scénario, un peu maigrelet, et qui hésite entre parodie et film d'aventures, comédie et romance. Du coup, le spectateur a du mal à s'attacher à l'histoire. Cela dit,pirates2.jpg ce genre de reproche pourrait s'appliquer à de nombreux films de ce genre, y compris ceux qui font désormais figure de classique. La vraie cause du peu de succès que rencontra ce renouveau d'un genre avant l'heure est sans doute le thème même qu'il aborde et met à l'honneur. L'heure n'était pas encore venue de donner une seconde chance aux pirates de cinéma(1). Il faudra attendre les aventures de Jack Sparrow ("Pirates des Caraïbes") pour qu'ils connaissent une deuxième jeunesse.

A l'occasion d'une diffusion télévisée, ou plus probablement si le DVD vous passe à portée de mains, laissez-vous tenter par "Pirates" : il le mérite amplement. 


Pirates
Bande annonce vo publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo

(1) : d'ailleurs, quelques années plus tard, Renny Harlin se brisa les dents sur le même exercice avec "L'île aux pirates", qui fut également un énorme bide. 

 

 

 

 

 

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 18:00

Chez Gino

(2011)

 Chez-Gino.jpg

 

Les films de Samuel Benchetrit ont une tonalité, une saveur unique. Que l'on aime ou pas ce réalisateur à part, force est d'avouer qu'il a su définir, en quelques longs métrages, un ton qui lui est propre. Qu'il s'agisse du particulièrement barré "Janis et John" ou du remarquable "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", les précédentes oeuvres de Benchetrit ont leur lot d'admirateurs et également de détracteurs.

 

Le Gino du titre, incarné par José Garcia, tient une pizzeria tant bien que mal, et gère comme il le peut sa petite famille, entre une femme lassée d'avoir épousé un loser et deux enfants qui lui échappent. Alors qu'il vient de faire appel à un cinéaste amateur (joué par Benchetrit lui-même) pour faire sa promotion, son passé le rattrappe. Son oncle, gros parrain de la mafia, est à l'agonie et Gino doit hériter d'une part de sa fortune. Seulement, il y a un hic : pour toucher le pactole, Gino doit prouver qu'il est, lui aussi, un gros bonnet de la pègre brusseloise. Il fait donc appel au même réalisateur pour tourner un documentaire sur ses prétendues activités mafieuses.

 

gino1Samuel Benchetrit profite à maintes occasion de ce film pour poser un regard attendri sur le septième art, comme il l'avait déjà fait lors de son précédent opus ("J'ai toujours rêvé d'être un gangster"). Il faut cependant avouer que, dans "Chez Gino", l'impression principale est celle d'un joyeux bazar, partant souvent en dérapage, pas toujours contrôlé. Qu'il s'agisse de la réalisation, du scénario ou de l'interprétation, on a parfois le sentiment d'avoir affaire à de l'improvisation. 

Pourquoi pas, après tout ? Si l'exercice est mené avec talent, cela peut être un vrai régal, d'autant plus que l'histoire s'y prête. Il faut d'ailleurs avouer que certaines scènes sont particulièrement jouissives (celle du poney, par exemple).  L'enthousiasme des acteurs y est pour beaucoup, il faut le souligner : José Garcia, moins exubérant qu'à son habitude, Anna Mouglalis, fidèle à son image, Sergi Lopez et même le vétéran Ben Gazzara semblent se moquer d'eux-mêmes avec délice.

 

Alors, que reprocher à ce film ? C'est sans doute sa forme et la légèreté de son scénario qui pêchent le plus... A plus d'une reprise, on a l'impression (comme je disais plus haut) d'assister à un film fait de bric et de broc, l'ensemble degino2 l'édifice tenant par je ne sais quel miracle. Pour les spectateurs habitués à des structures plus solides, c'est évidemment difficile à appréhender. Et pour les cinéphiles exigeants, l'amateurisme dont on pourrait taxer "Chez Gino" (à tort, évidemment) peut également s'avérer gênant.

Au final, "Chez Gino" ne peut sans doute plaire qu'aux fans de ce cinéma qui ne se prend pas au sérieux, même s'il effleure des thèmes qui le sont..

 

 

A la fois comédie absurde, parodie de film de genre et mise en abyme, "Chez Gino" aurait sans doute mérité un meilleur accueil lors de sa sortie en salles (puisqu'il fut boudé par le public à sa sortie). Même s'il ne s'agit aucunement d'un film inoubliable, ce joyeux chaos mérite amplement une deuxième chance...

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Planète Cinéphile
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 13:20

Last chance for love

(2008)

Last-chance-for-love.jpg

 

Il y a quelques jours, France 3 a eu la bonne idée de diffuser coup sur coup deux films de l'immense Dustin Hoffman. Si le choix de placer le sublime "Le lauréat" en deuxième partie de soirée était discutable, ce fut l'occasion de découvrir, en première partie, le méconnu "Last chance for love", où l'interprète de "Marathon Man", "Tootsie" et "Little big man" (entre autres) partage l'affiche avec la grande Emma Thompson

last1.jpg Réalisé par Joel Hopkins (qui avait déjà à son actif "Mariage et conséquences"), "Last chance for love" est une comédie romantique respectant à la lettre tous les codes du genre, à ceci près qu'elle s'applique (une fois n'est pas coutume) à une tranche d'âge souvent oubliée. En effet, dans "Last chance for love", les deux protagonistes principaux sont des quinquagénaires. L'expérience de la vie dont ils disposent, et les regrets qu'ils ont pu accumuler les rendent d'ailleurs d'autant plus riches.

Résumons rapidement l'histoire : Harvey Shine, compositeur de jingles publicitaires, se rend à Londres pour le mariage de sa fille, qu'il n'a pas vu depuis des années, cette dernière ayant d'ailleurs tissé des très forts avec son beau-père. Il croisera le chemin de Kate Walker, une célibataire endurcie, vivant sous le joug de sa mère. Durant ces quelques jours, ils vont apprendre à se connaître et à s'apprécier.

Comme je le disais plus haut, le scénario de "Last chance for love" respecte presque tous les codes de lalast2.JPG comédie romantique et ne regorge pas de surprises. Néanmoins, pour qui apprécie le genre, c'est une véritable réussite, en grande partie grâce à l'interprétation hors pair de ses deux acteurs principaux. On ne peut que regretter le manque de succès que connut ce film, alternant joliment bonne humeur et regard sans concession sur la vie.

Certes, la réalisation n'a rien de mémorable, certes le scénario est des plus communs. Il reste cependant regrettable qu'un si joli petit film n'ait pas, en son temps, rencontré le succès qu'il méritait. Gageons que sa récente diffusion ait un peu corrigé cette injustice.

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 10:00

Another Earth

(2011)

Another-Earth.jpg

 

Il faudra m'expliquer comment se détermine la diffusion d'un film. Sur quels critères les distributeurs se basent-ils pour décréter que tel film aura droit à une sortie dans un circuit de salles conséquent et que tel autre sera projeté à la sauvette, dans une poignée de cinémas répartis "au petit bonheur la chance" dans l'hexagone ?

Certes, je ne suis pas totalement candide. Le pedigree du réalisateur, le casting qu'il aligne dans son film et le talent du producteur y sont pour beaucoup. N'empêche que, parfois, certains films mériteraient d'être plus exposés qu'ils ne le furent...et d'autres mériteraient moins de tapage, si vous voulez mon avez. La preuve par l'exemple : l'an dernier, après un Festival de Cannes où il fit son petit scandale, Lars Von Trier nous offrit son "Melancholia", fresque intimiste à gros budget dans laquelle une planète jusqu'alors inconnue menaçait la Terre. Je suis persuadé que peu d'entre vous ignorent l'existence de ce film (assez surestimé, à mon goût). Mais qui a entendu parler de "Another Earth", sorti dans une quinzaine de salles en France, et où une planète jumelle de la nôtre apparaît dans le ciel ? Certes, les moyens mis en oeuvre ne sont pas comparables, mais à l'arrivée, je ne suis pas sûr que le meilleur des deux films soit celui que l'on croit. 
Farouchement ancré dans le bastion du cinéma indépendant américain, "Another Earth" revendique son appartenance à cette mouvance radicale du septième art. Ici, point d'effets visuels superflus, ni d'interprétation alambiquée : on est dans le cinéma à hauteur d'homme, dans l'hyper-réalisme, et je pense que certaines scènes comportent de l'improvisation. Vous voilà donc prévenus. 
another-earth Dans "Another Earth", le destin de plusieurs personnages bascule lorsqu'apparaît une deuxième terre. Rhoda, jeune astrophysicienne terminant ses études, percute (en état d'ébriété) la voiture de John Burroughs, compositeur au sommet de sa carrière, tuant sa femme et son fils. Quatre ans plus tard, alors qu'elle sort de prison, Rhoda, brisée et en quête de rachat, s'inscrit pour partir à destination de la deuxième terre, tout en cherchant à retrouver celui dont elle a détruit l'existence. 
   
On pourra reprocher à "Another Earth" sa mise en scène parfois erratique, son côté brouillon, que ces deux traits soient volontaires ou non.Comme s'il voulait à tout prix revendiquer son appartenance au cinéma indépendant américain, le réalisateur Mike Cahill cède aux défauts les plus flagrants de ce genre particulier. Fort heureusement, il emprunte aussi à cette niche du septième art ses plus belles qualités. L'histoire sort des canons traditionnels et ne répond pas à tous les standards scénaristiques en vigueur à Hollywood.
 
L'interprétation est un des points forts de "Another Earth". Brit Marling, en particulier, illumine le film de sa another-earth2 présence tout au long de l'histoire, bâtie autour de son personnage à fleur de peau. il y a fort à parier que l'on n'a pas fini d'entendre parler de cette jeune actrice prometteuse. Face à elle, William Mapother (essentiellement remarqué dans des séries télévisées) évite l'écueil de l'excès et nous livre une composition toute en nuances. 
 
Face au très médiatisé "Melancholia", "Another Earth" n'a pas à rougir de la comparaison. Là encore, le postulat fantastique n'est qu'un prétexte à une histoire finalement très ordinaire, très humaine.
 
Un film à découvrir, sans l'ombre d'un doute, si l'on sait passer sous silence ses petits défauts (mineurs)

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 11:21

Super 

(2010)

Super

 

Frank n'a pas de chance. Doté d'un physique banal, pour ne pas dire ingrat, il gagne tant bien que mal sa vie en travaillant dans un fast-food, tandis que sa seule raison de vivre, sa femme, le quitte brutalement après avoir replongé dans la drogue. C'est à ce moment précis de sa vie, où il touche le fond, qu'il a une révélation : Frank va devenir un super-héros.

Le pitch de « Super » repose, à l'instar du très réussi « Kick-Ass », sur une bonne idée de départ. C'est vrai, quoi : on pourrait se demander pourquoi personne n'a jamais, un jour, franchi le pas, et enfilé un costume flashy, slip par dessus son pantalon, pour ambitionner de devenir super-héros et tenter de lutter à sa manière contre le crime.

super01Avec un petit budget, mais un casting plus qu'honorable (Rainn Wilson en tête d'affiche, Kevin Bacon, Liv Tyler et Ellen Page dans des rôles significatifs, tout de même), « Super » aurait pu recevoir le même succès critique et public que le déjà cité « Kick-Ass », qui valut à son réalisateur de reprendre les manettes de la franchise « X-Men » pour le très bon « X-men : le commencement ». Il n'en fut rien, car « Super » fit un flop lors de sa sortie et n'est connu que des plus curieux des amateurs de films de super-héros.

Ce bide fut-il justifié ? J'ai bien peur de devoir répondre par l'affirmative à cette question, après avoir visionné récemment ce film. Là où « Kick-Ass » réussissait, « Super » échoue, en grande raison à cause d'un manque évident d'ambition.

C'est tout d'abord la réalisation qui pêche. Filmé à hauteur d'homme, « Super » donne souvent l'impression d'une vidéo amateur. Certes, cette façon de filmer est en vogue (notamment dans le film fantastique et l'horreur, comme « Le projet Blair Witch » ou « Cloverfield »), mais est particulièrement peu adaptée au thème du super-héros. Considérons que c'est un parti-pris audacieux, renforcé par des couleurs particulièrement réalistes (le ciel est toujours gris, les décors souvents sales).

On sera moins indulgent face au manque de rythme dont fait preuve le film à maintes reprises. Dans le cadre d'un film d'action, c'est nettement moins pardonnable. Sujet à de violentes accélérations (des pics étant parfois atteints lors de scènes presque « gore »), « Super » voit son rythme chuter lors de longues séquences où le héros, d'une placidité digne d'un parpaing, entraîne le spectateur dans l'ennui.

Enfin, la direction d'acteurs est un des défauts majeurs du film : laissés à eux-mêmes, ceux-ci en font partant des super2 tonnes et partent parfois en vrille (Ellen Page, notamment, qui étonnera ceux qui l'ont vu précédemment dans « Inception » ou « Juno »). Pour parachever le tout, la version française calamiteuse est la cerise de trop sur l'indigeste gateau.

J'émettrais également quelques réserves sur le scénario, qui joue maladroitement de thèmes forts (la religion, la justice, la place du héros dans la société). La fin du film, en justifiant les choix pourtant discutables du héros, m'a laissé un drôle de goût. A en croire l'histoire de « Super », qu'importe sa façon expéditive de rendre la justice (et le qualificatif est parfois faible), la fin justifie les moyens. Il y aurait matière à discussion, mais n'attaquons pas « Super » sur ce terrain-là : il ne s'agit clairement pas d'un film à message.

Enfin, j'espère.

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : NERD
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  • : Et si l'on se penchait sur le sort de quelques films qui ne rencontrèrent pas le succès escompté ?
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