Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 10:00

Another Earth

(2011)

Another-Earth.jpg

 

Il faudra m'expliquer comment se détermine la diffusion d'un film. Sur quels critères les distributeurs se basent-ils pour décréter que tel film aura droit à une sortie dans un circuit de salles conséquent et que tel autre sera projeté à la sauvette, dans une poignée de cinémas répartis "au petit bonheur la chance" dans l'hexagone ?

Certes, je ne suis pas totalement candide. Le pedigree du réalisateur, le casting qu'il aligne dans son film et le talent du producteur y sont pour beaucoup. N'empêche que, parfois, certains films mériteraient d'être plus exposés qu'ils ne le furent...et d'autres mériteraient moins de tapage, si vous voulez mon avez. La preuve par l'exemple : l'an dernier, après un Festival de Cannes où il fit son petit scandale, Lars Von Trier nous offrit son "Melancholia", fresque intimiste à gros budget dans laquelle une planète jusqu'alors inconnue menaçait la Terre. Je suis persuadé que peu d'entre vous ignorent l'existence de ce film (assez surestimé, à mon goût). Mais qui a entendu parler de "Another Earth", sorti dans une quinzaine de salles en France, et où une planète jumelle de la nôtre apparaît dans le ciel ? Certes, les moyens mis en oeuvre ne sont pas comparables, mais à l'arrivée, je ne suis pas sûr que le meilleur des deux films soit celui que l'on croit. 
Farouchement ancré dans le bastion du cinéma indépendant américain, "Another Earth" revendique son appartenance à cette mouvance radicale du septième art. Ici, point d'effets visuels superflus, ni d'interprétation alambiquée : on est dans le cinéma à hauteur d'homme, dans l'hyper-réalisme, et je pense que certaines scènes comportent de l'improvisation. Vous voilà donc prévenus. 
another-earth Dans "Another Earth", le destin de plusieurs personnages bascule lorsqu'apparaît une deuxième terre. Rhoda, jeune astrophysicienne terminant ses études, percute (en état d'ébriété) la voiture de John Burroughs, compositeur au sommet de sa carrière, tuant sa femme et son fils. Quatre ans plus tard, alors qu'elle sort de prison, Rhoda, brisée et en quête de rachat, s'inscrit pour partir à destination de la deuxième terre, tout en cherchant à retrouver celui dont elle a détruit l'existence. 
   
On pourra reprocher à "Another Earth" sa mise en scène parfois erratique, son côté brouillon, que ces deux traits soient volontaires ou non.Comme s'il voulait à tout prix revendiquer son appartenance au cinéma indépendant américain, le réalisateur Mike Cahill cède aux défauts les plus flagrants de ce genre particulier. Fort heureusement, il emprunte aussi à cette niche du septième art ses plus belles qualités. L'histoire sort des canons traditionnels et ne répond pas à tous les standards scénaristiques en vigueur à Hollywood.
 
L'interprétation est un des points forts de "Another Earth". Brit Marling, en particulier, illumine le film de sa another-earth2 présence tout au long de l'histoire, bâtie autour de son personnage à fleur de peau. il y a fort à parier que l'on n'a pas fini d'entendre parler de cette jeune actrice prometteuse. Face à elle, William Mapother (essentiellement remarqué dans des séries télévisées) évite l'écueil de l'excès et nous livre une composition toute en nuances. 
 
Face au très médiatisé "Melancholia", "Another Earth" n'a pas à rougir de la comparaison. Là encore, le postulat fantastique n'est qu'un prétexte à une histoire finalement très ordinaire, très humaine.
 
Un film à découvrir, sans l'ombre d'un doute, si l'on sait passer sous silence ses petits défauts (mineurs)

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 19:00

Avis à la population, et aux lecteurs de ce blog...

Figurez-vous que j'ai été sollicité par le webmestre de "Planète Cinéphile" pour contribuer à ce site. Touché par la démarche, j'ai sauté sur l'occasion et ai donc commis un article sur un garnd classique du septième art, grand succès en son temps (ce qui l'excluait d'emblée de ceux pouvant être chroniqués sur "Deuxième Séance") : "Sunset Boulevard".

Si l'envie vous en prend, le billet en question se situe ...


Merci à tou(te)s, à bientôt.

Par Laurent - Publié dans : Humeurs, rumeurs, et bruits qui courent - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 11:21

Super 

(2010)

Super

 

Frank n'a pas de chance. Doté d'un physique banal, pour ne pas dire ingrat, il gagne tant bien que mal sa vie en travaillant dans un fast-food, tandis que sa seule raison de vivre, sa femme, le quitte brutalement après avoir replongé dans la drogue. C'est à ce moment précis de sa vie, où il touche le fond, qu'il a une révélation : Frank va devenir un super-héros.

Le pitch de « Super » repose, à l'instar du très réussi « Kick-Ass », sur une bonne idée de départ. C'est vrai, quoi : on pourrait se demander pourquoi personne n'a jamais, un jour, franchi le pas, et enfilé un costume flashy, slip par dessus son pantalon, pour ambitionner de devenir super-héros et tenter de lutter à sa manière contre le crime.

super01Avec un petit budget, mais un casting plus qu'honorable (Rainn Wilson en tête d'affiche, Kevin Bacon, Liv Tyler et Ellen Page dans des rôles significatifs, tout de même), « Super » aurait pu recevoir le même succès critique et public que le déjà cité « Kick-Ass », qui valut à son réalisateur de reprendre les manettes de la franchise « X-Men » pour le très bon « X-men : le commencement ». Il n'en fut rien, car « Super » fit un flop lors de sa sortie et n'est connu que des plus curieux des amateurs de films de super-héros.

Ce bide fut-il justifié ? J'ai bien peur de devoir répondre par l'affirmative à cette question, après avoir visionné récemment ce film. Là où « Kick-Ass » réussissait, « Super » échoue, en grande raison à cause d'un manque évident d'ambition.

C'est tout d'abord la réalisation qui pêche. Filmé à hauteur d'homme, « Super » donne souvent l'impression d'une vidéo amateur. Certes, cette façon de filmer est en vogue (notamment dans le film fantastique et l'horreur, comme « Le projet Blair Witch » ou « Cloverfield »), mais est particulièrement peu adaptée au thème du super-héros. Considérons que c'est un parti-pris audacieux, renforcé par des couleurs particulièrement réalistes (le ciel est toujours gris, les décors souvents sales).

On sera moins indulgent face au manque de rythme dont fait preuve le film à maintes reprises. Dans le cadre d'un film d'action, c'est nettement moins pardonnable. Sujet à de violentes accélérations (des pics étant parfois atteints lors de scènes presque « gore »), « Super » voit son rythme chuter lors de longues séquences où le héros, d'une placidité digne d'un parpaing, entraîne le spectateur dans l'ennui.

Enfin, la direction d'acteurs est un des défauts majeurs du film : laissés à eux-mêmes, ceux-ci en font partant des super2 tonnes et partent parfois en vrille (Ellen Page, notamment, qui étonnera ceux qui l'ont vu précédemment dans « Inception » ou « Juno »). Pour parachever le tout, la version française calamiteuse est la cerise de trop sur l'indigeste gateau.

J'émettrais également quelques réserves sur le scénario, qui joue maladroitement de thèmes forts (la religion, la justice, la place du héros dans la société). La fin du film, en justifiant les choix pourtant discutables du héros, m'a laissé un drôle de goût. A en croire l'histoire de « Super », qu'importe sa façon expéditive de rendre la justice (et le qualificatif est parfois faible), la fin justifie les moyens. Il y aurait matière à discussion, mais n'attaquons pas « Super » sur ce terrain-là : il ne s'agit clairement pas d'un film à message.

Enfin, j'espère.

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : NERD
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:46

Le treizième guerrier

(1999)

Le treizième guerrier

 

 

Prenez un romancier à succès, dont les ouvrages ont maintes fois les beaux jours d'Hollywood (en l'occurrence, Michael Crichton, à l'origine de « Jurassic Park », mais aussi « Prisonniers du temps » ou « Harcèlement », pour ne citer qu'eux). Ajoutez un metteur en scène dont le talent n'est plus à démontrer (au hasard, l'excellent John McTiernan, capable avec « Die Hard » de transformer un simple thriller en modèle de film de genre). Saupoudrez le tout d'une distribution solide, avec en tête d'affiche le très bon Antonio Banderas et la présence d'Omar Sharif.

Dans un monde « normal », pareille combinaison suffirait à assurer le succès d'un film, non ?

 

Il n'en est rien, puisqu'avec « Le treizième guerrier », les pertes s'élevèrent à plus de 100 millions de dollars. Pareille ardoise pesant lourd, la carrière du talentueux McTiernan sombra et le cinéma de genre perdit un orfèvre. Mais, me direz-vous, tel bide était-il mérité ?

 

guerrier1Je serai bref (et, j'espère, objectif) : non, « Le treizième guerrier » n'aurait pas du être un tel échec commercial. Avant d'en parler davantage, je vous fais un rapide résumé du pitch. En exil loin de ses terres natales, Ahmed Ibn Fahdlanest l'objet d'une prophétie et doit s'allier à douze Vikings partant porter secours au seigneur Rothgar, dont le village est assailli par des créatures mi-hommes mi-démons.

 

Sur une toile somme toute assez classique, « Le treizième guerrier » exploite le thème intéressant du choc des cultures (quand l'Orient rencontre les Vikings) sans sombrer dans les clichés. Servi par une mise en scène extrêmement efficace (les plus fidèles lecteurs de ce blog savent toute l'admiration que je porte à John McTiernan), « Le treizième guerrier » est plus qu'un simple film d'aventure et d'action. Habité du début à la fin par une atmosphère souvent oppressante, voire angoissante, il remplit sans faillir son contrat...

 

Mais où est l'os, me demanderez-vous ?

Je citerais au nombre des défauts de ce film, la noirceur de son propos (transparaissant jusque sur son affiche, et je reste persuadé qu'elle a pu repousser bien des spectateurs). Ensuite, aussi efficaces soient certaines scènes, il faut bien reconnaître que lorsque les protagonistes usent chacun de leurs langages respectifs (un coup de langage viking par ci, un coup d'arabe ancien par là), cela nuit au plaisir du spectateur : on visionne ce film pour l'action, avant tout, ne soyons pas dupes.

Enfin, la plus grosse carence de ce film, c'est son montage. Charcuté par ses producteurs (dont Crichton lui-guerrier2même, qui alla jusqu'à re-tourner certaines scènes), « Le treizième guerrier » perd une grande partie de son impact à force de scènes trop rapides.

 

Je vous rassure, malgré tous ces points négatifs, « Le treizième guerrier », film maudit de John McTiernan reste un vrai bon film d'aventure, sale, brutal, sombre.

Dans un monde parfait, il aurait fait l'objet d'un director's cut (on peut toujours rêver) et aurait rencontré le succès qu'il mérite.

 

Nous ne vivons pas dans un tel monde, hélas.

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Planète Cinéphile
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 10:13

Les fils de l'homme

(2006)

filsdelhomme.jpg

 

 

Il y a longtemps que je n'avais consacré du temps à ce blog, j'avoue...mais les journées ne font toujours que vingt-quatre heures, hélas. En ces temps de précipitations neigeuses peu propices à toute sortie, je me penche sur quelques billets restés à l'étape du brouillon et les finalise, afin de pouvoir vous les livrer, chers lecteurs.

Heureux ?

Non ?

Tant pis...

 

Le nom d'Alfonso Cuaron est associé, pour le grand public, à la saga Harry Potter, et plus précisément à son troisième épisode (sans doute le meilleur, à mon humble avis), « Le prisonnier d'Azkaban ». Moins nombreux sont les spectateurs ayant vu ses autre films, notamment « Les fils de l'homme », dont je vais vous entretenir aujourd'hui.

 

En l'an de grâce 2027, l'humanité approche de son extinction. En effet, hommes et femmes ne peuvent plus se reproduire. Alors que le dernier être humain ayant vu le jour décède, à l'âge de 18 ans, une jeune femme tombe enceinte, ce qui n'est plus arrivé depuis une vingtaine d'années. Celle-ci devient l'enjeu de toutes les luttes. C'est la raison pour laquelle Theo, ancien activiste politique, est engagé pour assurer sa sécurité. Dans un monde où tout espoir a disparu, Theo devra réapprendre à se battre, pour elle et l'espoir qu'elle porte...

 

filsdelhomme1 Tiré du roman éponyme de P.D. James, « Les fils de l'homme » est un film d'anticipation extrêmement sombre, proche de grands classiques comme « Soleil Vert » ou « 1984 ». Doté d'un casting en béton armé (tant au niveau des premiers rôles que des seconds), il a globalement été bien accueilli par la critique, mais ne rencontra pas le succès public escompté.

 

Si vous voulez mon avis (et si vous lisez ces lignes, c'est probablement le cas), « Les fils de l'homme » aurait mérité un véritable triomphe. Loin de n'être qu'un film d'anticipation, il s'agit là d'une véritable réflexion sur l'avenir de l'homme. Dans un décor où s'entremêlent terrorisme, religion, contestation et immigration, ce long métrage est de ceux qui donnent à réfléchir (une des caractéristiques des grands films d'anticipation, justement). Certes, il s'agit d'un film complexe, tant il sollicite la matière grise de ses spectateurs, au vu des thèmes abordés. Mais c'est une œuvre qui ne laisse pas indifférent et, surtout, reste longtemps présent à l'esprit, par les questions qu'il a soulevé.

 

D'un point de vue purement cinématographique, force est également d'avouer qu'il s'agit d'un grand film. Alfonso Cuaron, dont on avait déjà apprécié le talent narratif et technique dans « Le prisonnier d'Azkaban » (avec, notamment, la scène où ses héros remontent le temps), donne ici libre cours à sa virtuosité, à l'occasion de quelques plans-séquences de toute beauté. Navigant à son aise dans un monde essentiellement gris et sale, Cuaron rend son histoire crédible, mettant toute l'efficacité son talent au service de celle-ci. Nombre de festivals ne s'y sont pas trompé, le film ayant été maintes fois récompensé pour sa photographie, sa direction artistique ou son scénario...

 

Enfin, cerise sur le gâteau, le casting est à l'avenant. En tête d'affiche, quelques grandes stars (Clive Owen, Julianne Moore et Michael Caine), et d'autres acteurs moins connus donnent eux aussi toute la mesure de leur talent, au service du film.

 

Alors, pourquoi un tel flop, me direz-vous ?

On jettera la pierre, tout d'abord, au distributeur du film (UIP, pour le nommer), qui n'assura pas la filsdelhomme2 promotion des « Fils de l'homme » comme il l'aurait fallu. Suite à une campagne marketing bâclée, le film n'eut pas, en son temps, une grosse couverture médiatique et peina à rencontrer son public à sa sortie. Pire encore, alors que bouche-à-oreille aurait pu lui être favorable, voire salutaire, le distributeur choisit de le retirer des salles, à la faveur d'autres films sortis à la même époque.

La seconde pierre est à réserver au film lui même. Malgré ses indéniables qualités, énumérées plus haut, il faut bien reconnaître qu'il s'agit d'un film complexe et plutôt anxiogène. A n'en pas douter, ces caractéristiques ne jouent pas en la faveur de la rencontre entre un film et son public, ce dernier étant souvent plus difficile à entraîner dans les salles obscures quand le film demande quelque effort

 

Les années qui s'écoulent sont bénéfiques pour certains grands crus. Je pense qu'elles peuvent aussi l'être pour certains films, dont celui-ci fait partie. Il ne nous reste plus qu'à offrir aux « Fils de l'homme » une deuxième séance, en DVD par exemple.

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Planète Cinéphile
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  • : Et si l'on se penchait sur le sort de quelques films qui ne rencontrèrent pas le succès escompté ?
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