Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 20:36

Je sais que les lecteurs de ce blog sont peu nombreux, voire rares. N'empêche, je préfère prévenir : d'ici peu, je vais exhumer "Deuxième Séance", parce que j'ai de la matière, et l'envie de continuer...

 

A bientôt, donc.

 

Laurent

Par Laurent - Publié dans : Humeurs, rumeurs, et bruits qui courent
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 11:21

Strange Days

(1995)

strangedaysaff


A l’heure où la critique (et l’académie des Oscars) encense Kathryn Bigelow pour son « Démineurs », il m’a semblé judicieux de revenir sur un de ses films les plus ambitieux et néanmoins le moins couronné de succès : « Strange Days ». Ce thriller futuriste, mettant en scène un passage chaotique à l’an 2000 (et donc, vu d’aujourd’hui, totalement obsolète) a en effet fait un bide retentissant lors de sa sortie, malgré un casting des plus alléchants : le grand Ralph Fiennes (à l’époque tout juste sorti de son rôle de nazi dans « La liste de Schindler »), Angela Bassett (qui incarna Tina Turner dans le biopic qui lui fut consacré), Juliette Lewis (qui explosa strangedays01 ensuite dans « Tueurs Nés »), mais aussi quelques seconds rôles endossés par Tom Sizemore (incontournable second couteau d’Hollywood, vu dans « Heat » ou « Il faut sauver le soldat Ryan »  ), Michael Wincott (l’éternel méchant, échappé du « Robin des Bois » de Costner), ou Vincent d’Onofrio (bien connu des aficionados de la série « New York Section Criminelle »).

 


Revenons un instant au millénaire passé pour tenter de comprendre pourquoi un tel film ne rencontra pas son public, si vous le voulez bien. Fraîchement séparée, à l’époque, du célèbre James Cameron (qui n’avait à l’époque pas encore commis « Titanic » ou « Avatar »), Kathryn Bigelow, réalisatrice déjà confirmée (puisqu’ayant à son actif les très efficaces « Aux frontières de l’aube », « Point Break » et  « Blue Steel ») s’est déjà fait une spécialité d’explorer les univers masculins, au gré de films d’action aux séquences musclées.

Bref, c’est déjà une réalisatrice « qui en a ».

 

strangeday02Scénarisée par James Cameron (qui sait tout de même bricoler une histoire qui tient la route), l’histoire  de « Strange Days » se déroule sur fond de passage à l’an 2000. On y suit les péripéties de Lenny Nero (Fiennes, remarquable), flic déchu devenu trafiquant de clips vidéos dans lesquels on peut vivre, comme si l’on y était des instants volés à d’autres. Alors que l’approche de l’an 2000 est synonyme de débordements et de violences, qu’à tout moment la rue menace de s’embraser, Lenny tombe sur un « black-jack », enregistrement d’un meurtre laissé à son intention par un dangereux criminel. En remontant la piste, et en affrontant son passé et ses démons, le dealer va mener l’enquête, aidé en cela par une de ses amies, conductrice de limousine (Angela Bassett, féline), affrontant des flics véreux et des business-men égocentristes.

 

Penchons-nous sur le film, afin de trouver ce qui a bien pu clocher au point d’en faire un bide, si vous le voulez bien…

L’histoire est dense, riche, parfois lourde, mais le découpage du scénario est suffisamment bien réalisé pour qu’on ne se perde pas en route. La distribution est tout simplement remarquable, les premiers comme les seconds rôles bénéficiant d’une interprétation de haute volée (Fiennes et Bassett en tête, mais tout le casting est irréprochable). Aux manettes du film, Bigelow assure une réalisation efficace sans être artificielle (travers dans lequel elle aurait pu tomber, notamment dans les scènes en caméra « suggestive » pour les clips), et est servie par un montage à l’avenant. Les décors et les effets spéciaux sont également remarquables et on adhère sans problème à l’ambiance de fin de siècle (même si les esprits chagrins feront remarquer que le XXIème siècle a commencé en 2001 et non 2000).strangedays03

Enfin, la bande originale est de toute beauté, puisqu’on peut y entendre, chose rare, des morceaux de la trop rare PJ Harvey, Skunk Anansie ou de Deep Forest, pour ne citer qu’eux.

 

 

Alors, à quoi peut-on attribuer l’échec de « Strange Days » ? Certainement pas à sa distribution, impeccable ou presque, ni à la réalisation, acérée et efficace. On pourrait lui reprocher un scénario un peu touffu et complexe, louvoyant entre intrigue policière et thriller futuriste, mais ce serait faire injure au public. En effet, à mille lieues des blockbusters faciles à digérer, « Strange Days » demande un effort pour être assimilé et pour que son discours (sur la dangerosité des technologies et des médias, notamment) trouve un écho chez le spectateur. S’il faut trouver une raison à l’injuste échec dont fut victime « Strange Days », c’est justement parce qu’il ne s’agit pas d’un film aisé à prendre en main, comme le fut en son temps le génialissime « Blade Runner » (toutes proportions gardées, mais, venant de moi, la comparaison est flatteuse). Trop riche, trop intelligent pour n’être qu’un film d’action, « Strange Days » fut mal vendu et rata son public, au point de ne rapporter qu’une dizaine de millions de dollars (tout en ayant coûté cinq fois plus).

 

Alors que, quinze ans plus tard, Kathryn Bigelow connait enfin la reconnaissance qu’elle mérite, il serait temps que « Strange Days » bénéficie d’une nouvelle chance. Certes, ses prédictions apocalyptiques ne se sont pas réalisées (quoique…), mais son propos reste d’une justesse et d’une pertinence rares.

Une deuxième séance s’impose donc.

 


Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés...
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 13:01

Dernière danse

(1996)

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Suite à un débat récent avec une amie, j’ai revu « La dernière danse », de Bruce Beresford. Il m’a semblé judicieux de lui consacrer ce billet dans mon blog. Après tout, ce long métrage a été victime d’un terrible flop commercial (n’engrangeant que « quelques » petits millions de dollars, avant de quitter piteusement l’affiche), bien que doté sur le papier d’atouts non négligeables. Tout d’abord, son interprète principale, Sharon Stone, alors dans sa période « je ne suis pas qu’un sex symbol », sortant péniblement du carcan où l’avaient enfermé des films comme « Basic Instinct » ou « Sliver ». Ensuite, son réalisateur, l’oscarisé Bruce Beresford, qui venait de triompher avec le délicieux « Miss Daisy et son chauffeur » (ouvrant au grand Morgan Freeman la route d’Hollywood). Enfin, son thème, puisque ce drame carcéral empoignait à bras-le-corps le thème ô combien délicat de la peine de mort…


Alors, avec ces ingrédients, comment se fait-il qu’un tel film n’ait pas suscité l’engouement du public ? Parce qu’il faut bien l’avouer, attirer moins de 100 000 spectateurs (pour parler de l’hexagone), ça porte un nom : un four. En re-visionnant le film, il est possible de trouver quelques explications. Mais n’allons point trop vite en besogne et commençons par le commencement, à savoir l’intrigue.danse03


Rick Hayes (Rob Morrow), jeune avocat né avec une cuiller d’argent dans la bouche, trouve un job à la commission de clémence, au bureau du Gouverneur de l'Etat (seule personne, dans le système américain, capable de gracier un condamné à mort). On lui attribue le dossier de Cindy Ligett (Sharon Stone), condamnée à mort douze ans plus tôt pour avoir assassiné de façon extrêmement brutale un ex-petit ami, sous l’emprise de la drogue. Peu à peu, un lien très étroit va se tisser entre la condamnée et l’avocat, ce dernier tentant tout ce qu’il peut pour empêcher la sentence d’être appliquée, envers et contre tout.


Si l’interprétation de Sharon Stone est particulièrement juste et émouvante, force est de constater que le reste du casting n’est pas à la hauteur. Qu’il s’agisse de Rob Morrow (désormais plus connu pour ses interprétations télévisuelles, notamment dans la série « Numb3rs »), de Jack Thomspon (en gouverneur implacable…ou pas) ou de Randy Quaid (le frère de Dennis, interprétant un avocat hanté), les seconds rôles sont assez patauds, comme si les acteurs ne croyaient pas aux personnages qu’ils incarnent. En l’occurrence, c’est particulièrement dommageable au film.


danse01 Ensuite, le scénario (écrit conjointement par Ron Koslow et Steven Haft, œuvrant eux aussi plus pour le petit écran que pour le grand) est particulièrement confus et maladroit. Loin de se focaliser sur le thème de la rédemption et du pardon, les scénaristes glissent dans leur script une histoire d’amour (il fallait s’y attendre), multiplient les flashbacks plus que de raison et (je crois que c’est le pompon) se permettent un (faux) rebondissement de dernière minute (que je ne dévoilerai pas, ou alors, il faut me supplier).


Enfin, il faut bien l’avouer, la réalisation est loin de servir l’histoire, et est à peine digne d’un téléfilm. Comment se fait-il qu’un réalisateur pourtant talentueux (on doit à Beresford quelques jolis films) accomplisse si mal son travail ? Faut-il s’appeler nécessairement Frank Darabont (« La ligne verte », « Les évadés ») pour réussir un film carcéral ? A la décharge de Bruce Beresford, on pourra reconnaître qu’il n’est pas le seul à avoir raté son coup. Alan Parker (« Midnight Express », « The Wall », « Birdy », tout de même), pour ne citer que lui, a également échoué avec « La vie de David Gale » (avis tout personnel qui n’engage que moi, certes).


Il est amer, au final, de constater qu’un thème si intéressant, si sujet à controverse (et aussi si casse-gueule) soit si mal servi par ce film. Au final, seule l’interprétation de Sharon Stone est à sauver. C’est déjà ça, me direz-vous…mais c’est peu, en regard des promesses que portait « La dernière danse ».

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés...
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 17:58

Les âmes grises

(2004)

Les âmes grises

On pourrait disserter à l'infini, ou presque, sur le bien-fondé et la réussite des adaptations de roman au cinéma. Se nourrissant parfois sans vergogne des oeuvres littéraires, le septième art ne rend pas toujours justice aux livres dont il s'inspire. Combien de « Frankenstein » massacrés, de « Gentlemen extraordinaires » bâclés, pour un « L.A. Confidential » réussi ? Le romancier Philippe Claudel, auteur des remarquables « La petite fille de M. Linh » et du « Rapport de Brodeck », a vu, en 2004, son roman le plus connu, « Les âmes grises », transposé au cinéma par Yves Angelo (réalisateur du « Colonel Chabert », e ntre autres). Quand on connaît l'intensité des romans de Claudel, la force avec laquelle il fouaille l'âme humaine, ses bassesses et ses tourments, on pouvait douter de la pertinence d'une adaptation au cinéma de ce roman. Cependant, la dite adaptation étant l'œuvre conjointe du romancier et du réalisateur, on pouvait espérer un grand film, grave et humain, d'autant plus que le casting était à la hauteur. Pensez donc : Jacques Villeret (dans un de ses derniers rôles), Jean-Pierre Marielle, Marina Hands, Michel Willermoz, Denis Podalydès, et quantité de seconds rôles épatants...


Difficile de résumer en peu de mots le scénario du film (relativement fidèle au roman, soulignons-le). L'histoire des « Ames grises » se déroule sur fond de Première Guerre Mondiale. Suite à la découverte du corps sans vie d'une fillette, alors que l'enquête officielle est vite bouclée, un gendarme local en vient vite à soupçonner certains des notables du village.

Malheureusement, force est d'avouer que la subtile alchimie nécessaire à la réussite d'un film (et, bien souvent, à son succès) ne fonctionne pas. Où est passée l'intensité, la force poignante du roman ? Etait-il donc impossible transposer au grand écran l'épaisseur, l'humanité des « Ames grises » de Claudel ?


A mon humble avis (mais je reste ouvert tout débat), la faute en incombe en partie à la réalisation (dont certains choix, notamment l'utilisation ponctuelle de la caméra à l'épaule, m'ont semblé mal adaptés), mais surtout au fait que ce roman était difficile, voire impossible à adapter. En effet, dans le livre originel, la majeure partie de l'action (si l'on peut se risquer à employer ce terme) se déroule dans l'esprit et l'âme des personnages. Leurs tourments, leurs chagrins, leurs colères, pour intenses qu'elles soient, sont décrites de façon subtile et éloquente sur le papier, mais tenter de les retranscrire au grand écran est chose impossible ou presque. Et Yves Angelo s'est cassé les dents sur cette adaptation (comme bien d'autres l'auraient fait d'ailleurs, n'allez pas croire que je l'accable). Malgré de superbes décors et une distribution fabuleuse, il ne parvient qu'à livrer un film auquel il manque l'essentiel du roman : l'âme (un comble !).


Beau, mais sans ce quelque chose qui vous empoignait le coeur à la lecture du roman (déjà couvert de récompenses), ce film offre cependant un spectacle appréciable à ceux qui ont aimé le livre, tant il lui est fidèle, esthétiquement parlant. Je ne le conseille donc qu'à ceux qui ont déjà lu le roman (que je conseille à tous, d'ailleurs, comme tous les livres de Philippe Claudel), s'ils souhaitent voir ces âmes prendre (un tout petit peu) vie.

 

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 10:19

Max and Co

(2008)

Les incursions hexagonales sur les territoires du film d'animation sont suffisamment rares pour mériter qu'on se penche sur elles. « Max and Co », sorti l'an dernier et n'ayant pas eu l'heur de déchaîner les passions, est de celles-là. A ce titre (et à d'autres), ce petit (76 minutes) film d'animation a droit à son billet dans ce blog.


A l'heure où la plupart des dessins animés font appel aux dernières technologies, à grand renfort d'images de synthèse et de technologie ébouriffante, certains irréductibles, tels les Gaulois d'Astérix, continuent d'utiliser l'animation image-par-image, à l'instar des célèbres studios Aardman (qui créèrent les géniaux Wallace et Gromit). Samuel et Frédéric Guillaume, deux frères, ont utilisé cette technique, que d'aucuns jugeront obsolète, pour mettre en scène « Max and Co » et son esthétique d'un autre âge (que je situerai entre celle des « Noces Funèbres » et « Delicatessen », histoire de vous donner une idée).


L'histoire de « Max and Co » est d'une facture assez classique et met en scène des animaux « anthropomorphiques », comme on dit. Le héros, Max, est en quête de son père, le célèbre Johnny Bigoude, inventeur de l'instrument de musique homonyme (le bigoude, pour ceux qui n'auraient pas suivi). La ville dans laquelle il arrive en début d'histoire est, quant à elle, secouée par une violente crise sociale. L'usine « Bzzz & Co », qui fabrique des tapettes à mouche, se trouve en effet confrontée à une violente chute de ses ventes, à tel point que son président, Rodolfo, met en œuvre un plan machiavélique...


A lire les quelques lignes qui précèdent, on pourrait se dire que tout cela est un brin confus, voire totalement foutraque. C'est -hélas! - le sentiment que l'on a au sortir de la projection du film. Le scénario, en effet, semble hésiter et rester « le cul entre deux chaises » tout au long du film. Navigant entre comédie burlesque, fable écologique et pamphlet social, « Max and Co » loupe sa cible. A vouloir satisfaire plusieurs publics (les petits et les grands), il ne fonctionne finalement avec aucun : trop complexe pour les petits, tenant à peine debout pour les plus grands.

Ensuite, si d'un point de vue purement esthétique, il peut se targuer d'originalité, techniquement parlant, « Max and Co » ne tient pas toutes ses promesses. L'animation reste en effet très en deçà des standards actuels. Les personnages sont extrêmement rigides et, lorsqu'ils « bougent », seule une portion congrue de leur corps est animée. De même, les décors, les arrières-plans et personnages de second plan sont, la plupart du temps, totalement figés et limités au minimum syndical. J'ai particulièrement tiqué lors de la scène où les ouvriers en colère prennent l'usine « Bzzz & Co » d'assaut. Pour rendre cette séquence crédible, il eût fallu qu'ils s'y attaquent en masse. Or, seuls sept ou huit courageux s'en prennent à Rodolfo, leur patron honni. Du coup, la scène ne fonctionne pas.


Tout n'est cependant pas complètement loupé dans « Max and Co ». Comme je l'ai évoqué plus haut, l'esthétique générale du film est plutôt réussie, même si elle souffre d'une évident pauvreté de moyens. Ensuite, les personnages sont extrêmement attachants, en grande partie grâce au doublage qui leur donne une vraie personnalité. Parmi les « voix » de ce dessin animé, on citera, par exemple Lorant Deutsch (Max), Sanseverino (Sam), Virigine Effira (Katy), Micheline Dax (Madame Doudou), Patrick Bouchitey (Rodolfo)...


Avec un peu plus de moyens, un rien d'ambition, et une scénario plus travaillé, « Max and Co » aurait, à n'en pas douter, un vrai succès. Espérons qu'il ne s'agisse là que d'un rendez-vous raté...




 

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés...
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  • : Et si l'on se penchait sur le sort de quelques films qui ne rencontrèrent pas le succès escompté ?
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