Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:46

Le treizième guerrier

(1999)

Le treizième guerrier

 

 

Prenez un romancier à succès, dont les ouvrages ont maintes fois les beaux jours d'Hollywood (en l'occurrence, Michael Crichton, à l'origine de « Jurassic Park », mais aussi « Prisonniers du temps » ou « Harcèlement », pour ne citer qu'eux). Ajoutez un metteur en scène dont le talent n'est plus à démontrer (au hasard, l'excellent John McTiernan, capable avec « Die Hard » de transformer un simple thriller en modèle de film de genre). Saupoudrez le tout d'une distribution solide, avec en tête d'affiche le très bon Antonio Banderas et la présence d'Omar Sharif.

Dans un monde « normal », pareille combinaison suffirait à assurer le succès d'un film, non ?

 

Il n'en est rien, puisqu'avec « Le treizième guerrier », les pertes s'élevèrent à plus de 100 millions de dollars. Pareille ardoise pesant lourd, la carrière du talentueux McTiernan sombra et le cinéma de genre perdit un orfèvre. Mais, me direz-vous, tel bide était-il mérité ?

 

guerrier1Je serai bref (et, j'espère, objectif) : non, « Le treizième guerrier » n'aurait pas du être un tel échec commercial. Avant d'en parler davantage, je vous fais un rapide résumé du pitch. En exil loin de ses terres natales, Ahmed Ibn Fahdlanest l'objet d'une prophétie et doit s'allier à douze Vikings partant porter secours au seigneur Rothgar, dont le village est assailli par des créatures mi-hommes mi-démons.

 

Sur une toile somme toute assez classique, « Le treizième guerrier » exploite le thème intéressant du choc des cultures (quand l'Orient rencontre les Vikings) sans sombrer dans les clichés. Servi par une mise en scène extrêmement efficace (les plus fidèles lecteurs de ce blog savent toute l'admiration que je porte à John McTiernan), « Le treizième guerrier » est plus qu'un simple film d'aventure et d'action. Habité du début à la fin par une atmosphère souvent oppressante, voire angoissante, il remplit sans faillir son contrat...

 

Mais où est l'os, me demanderez-vous ?

Je citerais au nombre des défauts de ce film, la noirceur de son propos (transparaissant jusque sur son affiche, et je reste persuadé qu'elle a pu repousser bien des spectateurs). Ensuite, aussi efficaces soient certaines scènes, il faut bien reconnaître que lorsque les protagonistes usent chacun de leurs langages respectifs (un coup de langage viking par ci, un coup d'arabe ancien par là), cela nuit au plaisir du spectateur : on visionne ce film pour l'action, avant tout, ne soyons pas dupes.

Enfin, la plus grosse carence de ce film, c'est son montage. Charcuté par ses producteurs (dont Crichton lui-guerrier2même, qui alla jusqu'à re-tourner certaines scènes), « Le treizième guerrier » perd une grande partie de son impact à force de scènes trop rapides.

 

Je vous rassure, malgré tous ces points négatifs, « Le treizième guerrier », film maudit de John McTiernan reste un vrai bon film d'aventure, sale, brutal, sombre.

Dans un monde parfait, il aurait fait l'objet d'un director's cut (on peut toujours rêver) et aurait rencontré le succès qu'il mérite.

 

Nous ne vivons pas dans un tel monde, hélas.

 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Planète Cinéphile
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 10:13

Les fils de l'homme

(2006)

filsdelhomme.jpg

 

 

Il y a longtemps que je n'avais consacré du temps à ce blog, j'avoue...mais les journées ne font toujours que vingt-quatre heures, hélas. En ces temps de précipitations neigeuses peu propices à toute sortie, je me penche sur quelques billets restés à l'étape du brouillon et les finalise, afin de pouvoir vous les livrer, chers lecteurs.

Heureux ?

Non ?

Tant pis...

 

Le nom d'Alfonso Cuaron est associé, pour le grand public, à la saga Harry Potter, et plus précisément à son troisième épisode (sans doute le meilleur, à mon humble avis), « Le prisonnier d'Azkaban ». Moins nombreux sont les spectateurs ayant vu ses autre films, notamment « Les fils de l'homme », dont je vais vous entretenir aujourd'hui.

 

En l'an de grâce 2027, l'humanité approche de son extinction. En effet, hommes et femmes ne peuvent plus se reproduire. Alors que le dernier être humain ayant vu le jour décède, à l'âge de 18 ans, une jeune femme tombe enceinte, ce qui n'est plus arrivé depuis une vingtaine d'années. Celle-ci devient l'enjeu de toutes les luttes. C'est la raison pour laquelle Theo, ancien activiste politique, est engagé pour assurer sa sécurité. Dans un monde où tout espoir a disparu, Theo devra réapprendre à se battre, pour elle et l'espoir qu'elle porte...

 

filsdelhomme1 Tiré du roman éponyme de P.D. James, « Les fils de l'homme » est un film d'anticipation extrêmement sombre, proche de grands classiques comme « Soleil Vert » ou « 1984 ». Doté d'un casting en béton armé (tant au niveau des premiers rôles que des seconds), il a globalement été bien accueilli par la critique, mais ne rencontra pas le succès public escompté.

 

Si vous voulez mon avis (et si vous lisez ces lignes, c'est probablement le cas), « Les fils de l'homme » aurait mérité un véritable triomphe. Loin de n'être qu'un film d'anticipation, il s'agit là d'une véritable réflexion sur l'avenir de l'homme. Dans un décor où s'entremêlent terrorisme, religion, contestation et immigration, ce long métrage est de ceux qui donnent à réfléchir (une des caractéristiques des grands films d'anticipation, justement). Certes, il s'agit d'un film complexe, tant il sollicite la matière grise de ses spectateurs, au vu des thèmes abordés. Mais c'est une œuvre qui ne laisse pas indifférent et, surtout, reste longtemps présent à l'esprit, par les questions qu'il a soulevé.

 

D'un point de vue purement cinématographique, force est également d'avouer qu'il s'agit d'un grand film. Alfonso Cuaron, dont on avait déjà apprécié le talent narratif et technique dans « Le prisonnier d'Azkaban » (avec, notamment, la scène où ses héros remontent le temps), donne ici libre cours à sa virtuosité, à l'occasion de quelques plans-séquences de toute beauté. Navigant à son aise dans un monde essentiellement gris et sale, Cuaron rend son histoire crédible, mettant toute l'efficacité son talent au service de celle-ci. Nombre de festivals ne s'y sont pas trompé, le film ayant été maintes fois récompensé pour sa photographie, sa direction artistique ou son scénario...

 

Enfin, cerise sur le gâteau, le casting est à l'avenant. En tête d'affiche, quelques grandes stars (Clive Owen, Julianne Moore et Michael Caine), et d'autres acteurs moins connus donnent eux aussi toute la mesure de leur talent, au service du film.

 

Alors, pourquoi un tel flop, me direz-vous ?

On jettera la pierre, tout d'abord, au distributeur du film (UIP, pour le nommer), qui n'assura pas la filsdelhomme2 promotion des « Fils de l'homme » comme il l'aurait fallu. Suite à une campagne marketing bâclée, le film n'eut pas, en son temps, une grosse couverture médiatique et peina à rencontrer son public à sa sortie. Pire encore, alors que bouche-à-oreille aurait pu lui être favorable, voire salutaire, le distributeur choisit de le retirer des salles, à la faveur d'autres films sortis à la même époque.

La seconde pierre est à réserver au film lui même. Malgré ses indéniables qualités, énumérées plus haut, il faut bien reconnaître qu'il s'agit d'un film complexe et plutôt anxiogène. A n'en pas douter, ces caractéristiques ne jouent pas en la faveur de la rencontre entre un film et son public, ce dernier étant souvent plus difficile à entraîner dans les salles obscures quand le film demande quelque effort

 

Les années qui s'écoulent sont bénéfiques pour certains grands crus. Je pense qu'elles peuvent aussi l'être pour certains films, dont celui-ci fait partie. Il ne nous reste plus qu'à offrir aux « Fils de l'homme » une deuxième séance, en DVD par exemple.

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Planète Cinéphile
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 10:48

Pathfinder

(2007)

Pathfinder.jpg

 

C'est bien connu, Christophe Colomb n'est qu'un vil usurpateur, les Vikings ayant découvert l'Amérique bien avant lui. Se basant sur cette vérité historique, le réalisateur Marcus Nispel, ayant déjà commis les remakes de "Massacre à la tronçonneuse", de "Vendredi 13" et (plus récemment) de "Conan le Barbare" nous propose une confrontation entre Amérindiens et Vikings, choc des cultures dont on devine aisément qu'il ne se résoudra pas tranquillement autour d'une table, mais plutôt les armes à la main.

Il y a bien longtemps, un drakkar viking aborda les côtes du Nord de l'Amérique. Lors de l'affrontement avec les autochtones, le choc fut violent, à tel point que seul un enfant viking survécut, avant d'être adopté par les Indiens.Quinze ans plus tard, les Vikings reviennent et massacrent tout le village. Survivant encore une fois, l'enfant viking, devenu homme, va devoir les affronter, pour sauver la femme qu'il aime.  pathfinder1.jpg

C'est beau, un pitch pareil, non ?

Je vous préviens tout de suite : je ne connais pas le comics dont est tiré le film (paru chez Dark Horse), ni le film original, "Le Passeur" (1987). la critique qui suit ne concerne donc que le long métrage de Marcus Nispel. 

On est tout de suite mis dans le bain, lorsque commence "Pathfinder" : il s'agit d'un film d'action brutal, rude et sale. Il y a de la boue, du sang et de la testostérone chez les protagonistes de cette dark-fantasy sur grand écran. Cela dit, il n'y a rien de déshonorant ni de honteux dans ce style de film, bien au contraire. Ce créneau cinématographique vit l'éclosion de quelques pépites, parfois mésestimées : je pense notamment au "Treizième guerrier".  

Hélas, dans le cas de "Pathfinder", force est de constater que l'on a affaire à un ratage. Si le scénario tient la route, si la photographie est indéniablement réussie et contribue à donner une ambiance particulière au film, quantité de défauts majeurs coulent irrémédiablement "Pathfinder", à commencer par son réalisateur. 

Marcus Nispel, sans doute victime de son passé de réalisateur de clips, et de l'influence néfaste de Zack Snyder (mes lecteurs les plus réguliers auront remarqué le peu d'estime que je voue au metteur en scène de "300") chorégraphie à outrance chaque scène, jouant du ralenti ad nauseam et utilisant un montage souvent fait en dépit du bon sens. 

pathfinder2.jpg L'interprétation est elle aussi, pour beaucoup, dans le sentiment d'échec. Si les seconds rôles, notamment Clancy Brown, l'inoubliable Kurgan de "Highlander", sont honorables, il faut bien avouer que Karl Urban, ayant pourtant remaquablement tiré son épingle du jeu en Eomer dans "Le Seigneur des Anneaux", fait preuve ici d'un charisme d'huître. La preuve en est que diriger les acteurs est une composante indispensable du métier de réalisateur. 

Au final, "Pathfinder" laisse une impression de gâchis et, s'il se laisse regarder sans peine, fait partie de ces films qu'on a vite oublié. C'est dommage : confié aux bons soins d'un réalisateur digne de ce nom (ah, si les producteurs avaient eu la présence d'esprit de missionner John MacTiernan, par exemple), et affranchi de l'influence esthétique en vogue lors de sa sortie (merci Zack Snyder), il eut fait un film de genre particulièrement efficace, et aurait sans doute rencontré lors de sa sortie le succès mérité. 

 

 



 
Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Webzine cinéma
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 18:00

Le séminaire

(2009)

Le-seminaire.jpg

 

En 2001 débarquait sur nos petits écrans (et, pour être précis, sur la chaîne M6) une sorte d'OVNI télévisuel, au format court (7 minutes par épisode quotidien) : "Caméra café". Cette micro-série, en peu de temps, cassa la baraque, notamment auprès des amateurs d'humour et de dialogues percutants. Aux manettes se trouvaient le talentueux duo Bruno Solo/Yvan Le Bolloc'h. 

Très vite, "Caméra café" s'impose comme un succès, tant et si bien que la série restera au programme pendant cinq saisons, avant d'être remplacée, sur le même créneau (20h30) par la non moins redoutable "Kaamelott", puis "Scènes de ménage"(1). Un genre était donc né et le public se familiarisa vite avec Hervé Dumont, Jean-Claude Convenant, Maeva, personnages caricaturaux, certes, mais dans lesquels tous pouvaient projeter une part de leur vécu.

seminaire1.jpgDans la foulée de leur succès, les deux compères tentèrent l'aventure du grand écran, une première fois en 2005, avec "Espace détente", réalisé par Charles Némès. Si l'on avait, dans cette adaptation de la série, l'occasion de retrouver....force est d'avouer que la comédie perdait à passer au format "long". Moins percutante, plus délayée, la version longue de "Caméra café", si elle réservait quelques bons moments, était souvent ennuyeuse, et donc à mille lieues de la série originale (qui était loin d'engendrer la mélancolie).

 

Le premier film, sans être un triomphe, réussit tout de même à trouver son public... Quelques années, plus tard, Solo et Le Bolloc'h décidèrent de renouveler l'expérience et concoctèrent "Le séminaire", réalisé une nouvelle fois par Charles Némès. De l'eau avait coulé sous les ponts, les temps avaient changé. Cette fois, les employés de la compagnie Geugène partent tous en séminaire de remotivation, à Paris.

Alors, signe des temps ? Fin d'une époque ?

Toujours est-il que la machine à café ne fonctionne plus et qu'on assiste à une comédie laborieuse, voire poussive d'où émergent à peine quelques gags. Nombreux sont les symptômes, mais le diagnostic est clair : ce "Séminaire" est un échec, tout simplement. 

D'aucuns pourraient se demander pourquoi, par exemple, le personnage de Sylvain a disparu du scénario, ayant été malencontreusement tué...En réalité, Bruno Solo s'étant brouillé avec Alexandre Pesle, son interprète, a décidé purement et simplement de tuer son personnage. Au dernières nouvelles, tous deux ne se sont pas rabibochés. Ce seminaire2.jpg genre de querelle en dit long. 

On pourrait aussi s'interroger sur l'intérêt d'insister lourdement sur les travers des personnages, au lieu de consacrer du temps à donner une véritable ossature, c'est-à-dire une histoire solide. A ce titre, "Le séminaire" est exemplaire, puisque son scénario n'est finalement qu'un accessoire au service de personnages devenus caricaturaux et, de fait, sans aucune crédibilité. En inversant ce curieux rapport de forces, nul doute que la recette eût donné un film plus équilibré et donc moins raté. 

Servi par une réalisation minimale, le casting fait ce qu'il peut pour aller jusqu'au bout du voyage, sans donner l'impression de croire en son histoire (fût-ce une comédie burlesque). L'ennui étant communicatif, le spectateur est maintes fois tenté de déserter devant ce qui s'avère être une comédie pas drôle (un comble !). J'avoue avoir craqué avant la fin, en toute honnêteté.

"Le séminaire" est donc un constat amer (comme le café) du naufrage d'une bonne idée de base, exploitée malgré elle sur un support qui ne lui convient pas. Alors que "Kaamelott" devrait, prochainement subir le même traitement, on est en droit de craindre le pire, soit dit en pasant.

Donc, pour résumer, si vous avez l'occasion de ne pas voir "Le séminaire", faites-le.

 

 

 

(1) : les plus attentifs d'entre vous remarqueront que je ne cite pas "Caméra café 2", tentative brève et avortée de renouveler le succès de l'original, qui est à "Caméra café" ce qu'un café lyophilisé est à un expresso fait dans les règles de l'art : un ersatz médiocre, à oublier de toute urgence.

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : 1 article = 1 film
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 10:23

Le dernier présage

(2006)

Le-dernier-presage.jpg

Vous feriez quoi, vous, si un voyant prophétisait votre mort prochaine ? Quand Jimmy Stark, VRP égaré au Nouveau-Mexique, reçoit cette prédiction, il reste incrédule. Mais quand certaines des annonces faites par le voyant se réalisent, il commence à prendre peur. Commence pour lui un long voyage (intérieur, mais pas seulement)...


Une fois de plus, c'est d'un film sorti directement en DVD qu'il est question, dans ce blog. Ca devient une habitude, on dirait...mais après tout, c'est un des objectifs de ce blog, que de donner un coup de projecteur sur des oeuvres ayant "raté" leur sortie (que ce soit justifié ou pas). 

Sans vouloir radoter, on pourrait, au sujet de ce film, déplorer une nouvelle fois le titre français, qui torpille (encore une fois) la puissance évocatrice du titre original, "First Snow". Dans l'histoire, c'est en effet aux premières neiges que doit se réaliser le présage visant Stark.

 

dernier1.jpg

Le réalisateur du "Dernier présage", bien que passant pour la première fois derrière la caméra est loin d'être un inconnu pour les plus cinéphiles d'entre vous. Il s'agit de Mark Fergus, jusque là scénariste, à qui l'on doit les scripts de "Iron-Man", "Cowboys et envahisseurs" et (surtout) du très beau "Les fils de l'homme" d'Alfonso Cuaron (que je vous incite à voir). Fergus est retourné, après l'échec du "Dernier présage" à ses activités de scénariste. Ce film est donc son unique expérience de réalisation, pourtant fort honorable...

En tête d'affiche, et portant le film sur ses épaules, le remarquable Guy Pearce ("Memento", "L.A. Confidential") mène un casting impeccable : la très jolie Piper Perabo, l'énigmatique J.K. Simmons (le père de "Juno" et, pour le grand public, le rédac' chef de "Spiderman") et l'inquiétant William Fichtner (une des "gueules" du cinéma hollywoodien, spécialistes des seconds rôles, vu dans "Heat" ou "The Dark Knight"). Cette distribution remarquable réalise un parcours sans fautes dans "Le dernier présage". Dirigés de main de maitre par Mark Fergus, les acteurs mettent tout leur talent au service d'une histoire qui fonctionne sans heurts, même si elle est simple, au premier abord...

 

A bien y réfléchir, le handicap qui fit que ce film ne fut pas (aux yeux des producteurs) digne d'une vraie sortie en salles réside peut-être dans cette simplicité. Sous des abords trompeurs de thriller fantastique, "Le dernier présage" n'est finalement rien d'autre qu'un voyage initiatique, celui d'un homme qui sait ses jours comptés et se livre à un périlleux exercice d'introspection.

Vous en conviendrez, pareil script paraît fort peu bankable, à prime abord. C'est sans doute la raison pour laquelle le scénario s'est vu greffer une simili-intrigue policière (sur les  pratiques douteuses d'Ed, le collègue de Stark) qui, finalement, n'amène que peu de plus-value à l'histoire. 

dernier2.jpgA mon sens, "Le dernier présage", même si son résumé tiendrait sur un post-it, est un film riche, parce qu'il pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Simplement, méfiez-vous : dans votre vidéo-club, il risque d'être rangé dans la mauvaise rubrique. Loin d'être un film à suspense, il s'agit plus d'un véritable drame.

En revendiquant haut et fort ce statut, "Le dernier présage" aurait peut-être eu droit au public qu'il n'a pas eu (et qu'il risque de ne pas avoir, au vu de la stratégie marketing choisie pour sa sortie en DVD). Décidément, je ne comprendrai jamais les choix de certains producteurs...

 



 

 

Par Laurent - Publié dans : Films, nanars et chefs d'oeuvres oubliés... - Communauté : Télévison, cinéma
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